Projet un peu fou, l’idée de commencer la saison 2011 par deux rallyes consécutifs en Corse me plaisait particulièrement, car ma participation à l’ « Hivernale » est acquise, tellement j’apprécie ces moments passés à rouler en Corse, hors saison touristique, en retrouvant des amis ayant cette passion commune, tous de bons vivants, et de remarquables conducteurs.
L’organisation parfaite de Marie nous as permis de déposer au Gîte de Campu Stelle à Maccinagio, la remorque et le véhicule tracteur, l’Audi Allroad, puis de rejoindre l’équipe de l’Hivernale qui prenait le casse-croute à l’hôtel-restaurant U Lobecciu, avant de prendre le départ de l’Hivernale à proprement parler, par une première section de régularité.
Les retrouvailles à Marseille
Première difficulté : j’avais équipé la mémé d’un VH-Trip couplé au séquenceur « La Solution », tout neuf, matériel idéal pour la difficile discipline de la régularité. L’étalonnage de l’appareil est le point clé, et je n’avais aucune connaissance dans ce domaine. Jean-Baptiste, fidèle ami et pilier de l’Hivernale, m’a proposé son aide. Nous avons affiché, comme l’indiquait le mode d’emploi, une valeur de réglage sur le Trip, remis à zéro, puis effectué une distance en nous basant sur l’indication précise de la distance donnée par son propre Trip, correctement étalonné. Surprise, l’appareil de Jean- nécessite un facteur d’étalonnage de 1900 alors que le mien indiue 5900. Manu Pereira, mon préparateur, afin de prévenir le problème du précédent Trip qui ne marchait que par intermittence, a en fait monté plusieurs sondes, plutôt qu’une. Pour chaque tour de roue, le boîtier reçoit donc plus d’impulsions.
Après la première section de régularité, longue d’une trentaine de kilomètres, nous avons été pénalisés pour 18 secondes d’avance, ce qui a révélé que notre étalonnage était approximatif. De combien le corriger ? Jean et sa femme Marie, des habitués des épreuves de régularité, nouveaux participants de l’Hivernale, nous ont alors aidés en faisant un tas de calculs, aboutissant à nous proposer un facteur d’étalonnage. Résultat : 3 secondes de retard lors de la 2ème section. Cela s’améliore !
Pendant toute l’Hivernale, nous aurons tantôt de l’avance, tantôt du retard, mais jamais très proche du zéro idéal.
A notre arrivée le premier soir à Porto, la seule station d’essence à proximité étant fermée, l’hôtelier nous a gentiment indiqué une station se trouvant à une dizaine de kilomètres, sur la mythique route des Calanches de Piana. Nous repartons faire le plein, un aller-retour magnifique au coucher du soleil dans l’un des plus beaux endroits de Corse.
Le mardi matin, à l’aube, je pars courir seul (Jean-Baptiste avait un peu de retard, et nous nous sommes rencontrés en route), et je découvre le plaisir du tourisme en courant, traversant le port de Porto et remontant sur l’autre rive pour faire une boucle rejoignant l’hôtel. Un seul hôtel d’ouvert, un seul restaurant d’ouvert, la Corse touristique est à l’arrêt.
Ensuite, un parcours magnifique nous amènera, par les Calanches de Piana, puis chez Jacqueline, où mon régime draconien est brutalisé. Le flan est une merveille. Jacqueline a très bonne mémoire, et posé sur ma table deux bouteilles d’excellents vins, rouge et rosé. En effet, lors d’une précédente édition, je lui avais fait un reproche, en lui disant que son repas était « presque parfait » car son vin était « ignoble » ! Plusieurs boîtes de chocolat ont été nécessaires pour me faire pardonner, mais depuis, Jacqueline pose le flan complet sur ma table, qui a eu l’exclusivité du vin excellent !
Arrivés après le repas à Sainte-Marie de Siché, nous retrouvons Françis, le garagiste, l’hôtel de Félix et la cuisine du terroir d’Angèle.
Après le repas du soir, nous partons pour la traditionnelle ronde de nuit, deux sections de régularité, 100 km au total, empruntant la fameuse route du « Pénitencier ».
Une petite erreur dans le calcul de l’heure idéale de pointage, et nous pointons… avec 5 minutes d’avance, laissant filer les espoirs de podium. Cependant, même sans cette pénalité routière (qui s’est vue augmentée le lendemain matin d’une deuxième pour 3 minutes de retard au CH), nous n’aurions terminé qu’à la 4ème place. Le niveau était, cette année, particulièrement relevé, et il n’y avait pas, comme à l’accoutumée, de montées en côte chronométrées pour nous remonter, la Mémé étant fort compétitive dans cet exercice.
Le mercredi, dernière régularité pour rejoindre la route des Iles Sanguinaires dans la baie d’Ajaccio, où Marie nous a organisé une oursinade, repas de fête pris dans une paillote en bord de mer, avec notamment grillades et beignets au Broutcho. Marie avait même pensé à moi, comme pendant toute cette édition, en me préparant une entrecôte grillée avec salade, tomates .. miam !
Dans l’après-midi, nous rejoignons tranquillement l’hôtel, et je pars à pied pour 12 km de balade jusqu’au village de Quesquara, me permettant de reconnaitre et de prendre des notes pour une prochaine édition de l’Hivernale, en espérant que cette montée sera de nouveau au programme.
Jeudi – Nous partons en direction du sud, avec une ultime « montée du Pénitencier » pour faire plaisir à Jean-Baptiste, et en route pour Porto Pollo, où Marie nous a organisé un délicieux repas, quasi gastronomique. C’est en ce lieu que nous prenons congé de nos amis de l’Hivernale qui resterons une nuit supplémentaire à Sainte-Marie de Siché, leur bateau, initialement prévu le soir même, n’étant pas disponible en raison des grèves de la SNCM et des dockers du port de Marseille.
Quant à nous, nous rejoignons Bastia, puis notre gîte, où nous prenons notre campement, avec un repas « hors-sacs » mitonné par Marie. Ici se termine cette magnifique édition de l’Hivernale Corse, qui nous laisse en pleine forme, avec un excellent entraînement et la reprise en main de nos voitures pour le rallye de la Ronde de la Giraglia, qui nous attend le surlendemain.