Tour de Corse 2015 : Superbe rallye, petit couac

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Nous nous retrouvons, ma copilote Sandra Arlettaz et moi, à mon domicile, le temps de charger le Macan qui nous emmène au port de Marseille, ou nous rejoignons notre équipe d’assistance. Le temps de parfaire connaissance, suite à notre brève rencontre, lors du rallye Neige & Glace.

Nous regretterons pendant tout le rallye, de ne pas avoir pu faire les reconnaissances ensemble.  Rouler avec les notes prises par un autre pilote, et écrites par différents copilotes, rendent la tâche très périlleuse, en pleine action.

Nous profitons de la descente depuis Bastia jusqu’ à Porto-Vecchio, le centre du rallye, pour passer dans 4 spéciales (16, 17, 1 et 2), ce qui nous permet de dégrossir le terrain.

Quel confort que de pouvoir confier les vérifications administratives et techniques à notre assistance. Cela nous permet de nous concentrer sur ces reconnaissances tellement importantes pour notre départ dans le rallye.

Nous retrouvons nos amis, l’ équipage Christophe Barthe et Maxime Hericault, courant sur une Porsche 914/6 GT, qui partagent l’ assistance avec nous.

André et son équipe sont renforcés par Julien Guyot, logisticien de l’équipe. Julien aura de nombreuses tâches à gérer, avant et pendant le rallye, en particulier d’organiser le déroulement du rallye en ce qui concerne nos hébergements, bagages, points d’assistance (plan d’assistance), des caméras embarquées, du calcul des consommations, ainsi que d’être une des 2 équipes d’assistance rapide.

Un ami d’ André, Mathieu Favariotti, également pilote de rallye et passionné, est venu passer quelques jours de vacances en Corse.  Sympathique, et volontaire, toujours prêt à donner un coup de main, à discuter avec nous et d’apporter sa culture du rallye,  nous accompagnera pendant tout le rallye, au grand plaisir de tous, et en particulier de Julien qu’il a très efficacement secondé dans l’assistance rapide, en jouant en particulier, le rôle de navigateur. Sur l’étape 4, Mathieu a pris sur lui de recopier les notes, et avec Julien de jouer le rôle d’ouvreur sur la spéciale d’Ota – Marignana, nous signalant les pièges, endroits sales, cordes à éviter ou à prendre, etc.

Les derniers réglages effectuées avant l’entrée de la Gazelle au parc fermé, le Lundi 5 au soir, nous nous sommes tous retrouvés à notre hôtel (Golfe Hotel), autour d’une grande table pour un repas toujours convivial.

Notre équipe d’assistance se composera de 2 duos pour chaque voiture, André Caruso et Olivier Bonelli pour la Gazelle, et d’Eric Minot et Carlo Pessot (très expérimenté : WRC, Dakar, etc.) pour la 914 de Christophe Barthe.

Olivier Caruso, le cousin d’ André est également présent, pour assurer l’assistance d’un autre client du Garage (Jean-Claude Marsan), engagé en VHRS, avec Thierry Caraglio. Nous aurons aussi le plaisir de prendre nos repas avec Olivier, mais Il gère l’assistance de Marsan d’une façon indépendante.

Mardi 12h.00, après un briefing un peu particulier, car Yves Loubet harangue tous les équipages depuis un rocher posé dans le parc fermé, sans porte-voix, donc parfaitement inaudible, nous partons par petits groupes pour rejoindre la vieille ville de Porto-Vecchio pour le podium de départ, nous partirons avec le numéro 9 et notre heure de départ est à 13h08, pour la première spéciale.

Ayant reconnu cette spéciale avec Sandra (sans oublier un premier passage avec Lara Ferrari), ce n’est pas le saut vers l’ inconnu, d’autant plus que c’était également la première spéciale de l’édition 2014.

Nous montons pour cette première étape, les pneumatiques de notre test, des Pirelli Corsa, ayant environ 40 km de roulage

Nous faisons le 16 ème temps. Compte tenu de la présence de pilotes de renom du sport automobile, des 144 quipages engagés en VHC et tous les autres en Classic et VHRS); Ce temps est au dessus de mes espérances.

Christophe Barthe et Maxime Hericault terminent eux en 90 ème position, déjà 2èmes de leur période G2.

ES2 : Le départ est retardé en raison de l’arrêt de course prolongé dans l’ES1, suite à la sortie de route, heureusement sans trop de gravité d’Alain DEVEZA et de Jean-Charles Descamps, dit “Scampi”.

Cette longue spéciale, de 30 km, également reconnue avec 2 passages, dont un avec Sandra, est partiellement nouvelle sur la première partie, qui comporte une forte montée avec de nombreuses épingles assez étroites.

Dans la dernière et longue partie en descente et de surcroit très rapide, les pneus et les freins sont soumis à rude épreuve. Je ressens, pour la première fois, une baisse notable d’efficacité dans le freinage. Est-ce psychologique ou réel,  il est difficile de le savoir, mais nous faisons le 15ème  temps. Cela nous permets de terminer cette première étape à la 15ème place, mais déjà à près de 2 minutes du premier (la Lancia 037 de Christophe Vaison – Duffour), soit 2.9 secondes au km.

Nous rentrons au parc d’assistance (qui se situe au port commercial), et passons un agréable  moment avec notre équipe, à commenter et débattre de cette première étape.

Repas du soir pour tout le groupe à l’hôtel, et bonne nuit de sommeil.

2ème étape

4 spéciales, qui nous permettent, après la 1ère journée de rodage, de bien rouler, et de gagner 4 places, et ainsi de figurer à la porte du top 10 en accrochant là 11 ème place au classement général.

3ème étape

4 spéciales, dont la première sera neutralisée suite à la sortie de route de Philippe Gache (nous aurons un temps forfaitaire), Nous ferons le 11 ème temps de l’ES 10, la dernière ES de la journée, et arriverons à l’étape de Porto à la 10 ème  place du classement général !

 

4ème étape.

C’est la journée que tous craignent. La raison ? La seconde épreuve de la journée fait 50 km. C’est elle qui permettra de juger de la fiabilité des voitures, de la forme physique des équipages, et de l’endurance des Pneus et freins !  De plus, directement après cette épreuve de vérité, nous aurons la mythique spéciale de 30 km, Notre Dame de la Serra !

Vers la fin de cette spéciale, une petite erreur fait monter le niveau d’adrénaline.  La route est anormalement sale,  dans un virage à gauche, et nous touchons la bordure. Tout de suite, je crains la crevaison, ce qui n’est pourtant pas le cas. La Gazelle se comporte normalement, mais je crains une crevaison lente, et me mets à l’écoute du moindre signe de défaillance. Soulagement, tout va bien, et nous finissons la spéciale sans le moindre problème.

13ème temps de cette épreuve spéciale éreintante. Nous sommes ravis, et abordons Notre Dame de la Serra à l’attaque. Très satisfaits après cette spéciale de 30 km, nous devons constater que le temps n’est pas au rendez-vous,  15ème ! Sans explication évidente, sauf peut-être le résultat de la surchauffe possible des pneus lors de la spéciale de 50km.

Nous terminons cette avant dernière étape à la 10 ème place, comptant 34 secondes d’avance sur notre ami Yvan Mirand et sa BMW 323i.

5ème étape

Après un repos bien mérité au Motel Saint-Michel de notre amie Michèle Giudicelli, nous nous levons sur un temps pluvieux et nous prenons la route pour la spéciale de la Porta (l’ ES 14 étant annulé en raison des intempéries de la semaine précédente), avec un changement de pneus avant l’entrée.

Ayant dans notre stock, un train de Michelin TB15 neuf, que j’aimais utiliser dans le passé comme pneus “pluie”. C’ est naturellement que je décide de les monter pour prendre le départ. Sandra me met en garde, en regardant les pneus notamment sur sa structure dépassée et son profil qui ne permet pas l’évacuation de l’eau en cas de fortes pluies. Restant sur mon expérience passée,  je pensais que ces pneus que je trouvaient excellents,  seraient le choix approprié, et c’est avec ce “doute” que nous prenons le départ de cette spéciale.

Au départ, un commissaire de course nous met en garde en nous disant que la spéciale était très dangereuse, en particulier en raison de coulées de boue et d’eau.

Je pense rouler prudemment, mais à la sortie d’une épingle, avec une petite ligne droite d’environ 100m avant un pont et virage serré à gauche, dès que j’effleure les freins, les roues se bloquent et la voiture part tout droit vers le fossé,. Ce fossé maudit, comporte un affaissement du aux intempéries. Je freine par intermittence, essaie tout ce que je sais faire. Mais la Gazelle quitte la route et vient s’enfoncer dans le trou. Impossible de sortir avec le moteur. Pas assez de spectateurs pour la sortir en poussant. Nous négocions avec le commissaire présent, puis avec la direction de course. Mais ce n’est qu’après une bonne demi-heure, que la spéciale sera neutralisée, et que nous obtiendrons l’autorisation, d’utiliser un spectateur ayant un 4×4 à proximité immédiate de notre sortie de route et qui en quelques secondes, remet la Gazelle sur la route.

Nous reprenons la route en liaison, sans savoir si nous pourrons continuer et reprendre le rallye. Au CH de fin de la spéciale, on nous permet de poursuivre en direction de l’ES16, toujours sous la pluie battante.

 

Bien sûr nous partons parmi les derniers concurrents, bien moins rapides que nous. Nous demandons un écart de 2 minutes par rapport au concurrent parti avant nous. Mais nous le rattrapons, le passons, et finissons même dans les talons de celui parti avant. Le moral et le temps sont maussades, ayant, dans l’aventure, écopé de pénalités importantes (35 minutes ++), et nous terminerons ce rallye en 56 ème position au classement général.

La spéciale 17 ne sera pas courue (l’organisation a rencontré des problèmes de liaison radio), et nous regagnons le parc fermé de Porto-Vecchio, et son podium, le moral un peu en berne.

Remerciements

Comme de coutume, il est temps de remercie l’organisateur et son équipe (Yves Loubet, José Andréani, Marie-France Agostinetti, et tous les officiels, commissaires, bénévoles. Les repas servis dans les parcs de regroupement chaque jour ont été délicieux, variés et copieux, un grand bravo aux Danger qui se sont battus pour cela.

André Caruso m’a construit une voiture merveilleuse, et sa configuration “Asphalte” est extraordinaire. Le moteur est un modèle du genre, et nous n’ avons connue aucun souci mécanique pendant ce rallye qui est un marathon pour la mécanique. Bravo et merci au Garage Caruso, et toutes cette superbe équipe.

Merci bien sûr aux mécaniciens Eric Minot, Olivier et Carlo toujours compétents et excellents, toujours le sourire malgré les horaires pas évidents.

Merci à Lara Ferrari, mon infortunée copilote initiale, qui a développé récemment une phobie des hauteurs, et donc les routes vertigineuses de Corse auraient représenté un calvaire inutile. Merci Lara pour tout ce que tu as fait avant et pendant le rallye.

Le mot de la fin pour mon extraordinaire copilote Sandra Arlettaz, dont le dynamisme explosif, la joie de vivre, le souci de perfection et l’impressionnante expérience, m’ ont permis de me battre dans le top 10 pendant 3 des 5 jours de rallye. Sa lecture des notes a été parfaite, toujours dans le bon rythme, toujours avec les bons rappels et rappels des pièges. Ma concentration n’ est pas mon fort, et j’ai parfois eu de la peine à être totalement concentré sur les notes, et je vais essayer dans l’ avenir de travailler cette écoute.

A peine rentré, je me réjouis de repartir, sans doute l’an prochain, et si Sandra accepte, c’est avec un grand plaisir que j’aimerais l’ inviter à rester dans le baquet de droite !

Voici d’autres photos que j’ai prises ou reprises sur Facebook.

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