Frank Servais Car Racing Blog
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Rallye de Vence

Il fait frais en ce dimanche matin d’octobre, je suis posté pour chasser le sanglier.

Mon téléphone sonne. Je regarde, c’est André Caruso, le pilote préparateur que je connais bien et qui court sur une belle 911 groupe 4 qui m’appelle.
“Salut Patrick, je me suis engagé au rallye de Vence dans 15 jours avec ma Porsche 993 RS et je n’ai pas de copilote. Serais tu disponible pour courir avec moi ?”.
Comment refuser une telle proposition ? j’accepte donc. Revenir courir en moderne, recroiser des copains d’il y a une dizaine d’années, c’est tout simplement génial.

Lundi 1er novembre, en fin de matinée un peu fatigué, j’ai roulé jusqu’à une heure et demi pour rentrer du sud ouest où j’étais allé à l’anniversaire d’une amie, je rejoins André à son garage.
Nous partons sur les routes sinueuses que je connais en partie pour effectuer les reconnaissances. Ce sont les notes de Thierry Bonnet, un pilote local très rapide, que nous utiliserons.

Sur le routier nous discutons avec mon pilote d’un week-end, on parle de rallyes et je lui avoue que c’est avec un immense plaisir que je partage l’habitacle de sa magnifique auto. Il est rapide, et cela fait plaisir d’avoir été contacté. Les mots qu’il prononce pour répondre à cela me conforte dans mes idées, ce n’est pas un fou furieux. Il est calme, posé, réfléchit. Si j’arrive à m’adapter à son rythme et aux notes je pense que nous allons prendre beaucoup de plaisir.

Dés la première ES, je m’aperçois que je m’adapte très bien aux notes, elles sont parfaites. La seule chose qui me choque, c’est la rapidité de la spéciale. Cela fait maintenant 5 ans que je cours avec Frank dans de grosses épreuves et toutes les spéciales font un minimum de 12 kilomètres, alors là avec une petit 5,6 kilomètres, ca fait super court.
André est ravi, les notes tombent comme il aime, au moment opportun. Parfait. L’après midi continu et se termine sur que des points positifs. Je suis ravi et André partage ce sentiment.

Samedi matin, rendez vous au garage. L’auto est sortie, mon nom est sur les ailes, blanc sur rouge. Je me réjouis. Quelques paufinages, réglage des harnais, essai de phonie, l’installation de base. Les vérifications se passent  avec une rapidité jamais vue, et c’est tant mieux, c’est toujours le moment que je n’apprécie pas.

On enfile notre tenue de scène, premier pointage au sortir du parc. L’émotion est là, présente.
Premier CH avant la première ES. Je tente avec un peu de difficulté de mettre le Hans. Un vrai engin de torture, mais pourtant si efficace. Je pointe, rejoins l’habitacle, m’installe dans le siège avec quelques difficultés pour mettre les harnais comme il faut sur le système Hans. Le décompte se fait, 30, 15, 10, 5, 4, 3, 2, 1, et c’est parti. Wouah dès les premiers tours de roues je ressens la puissance qui nous fait coller aux baquets. Les notes fusent. Première épingle, l’auto glisse de l’arrière, André maitrise avec une dextérité qui me laisse quoi. Le premier sentiment que j’ai est que cela va beaucoup plus vite qu’avec la RS 2,7 de Frank.
Habituellement j’ai le temps de voir le paysage, c’est pas le cas, la route et les virages défilent à grande vitesse. Mais je suis d’une quiétude et totalement zen.
Que de spectateurs dans les laçets qui montent au Col de Vence, c’est noir de monde, il y a bien longtemps que je n’ai pas vu autant de passionnés sur les bords des routes d’un rallye. Mais ce plaisir est de courte durée, la fin de la spéciale est déjà arrivée.
André n’est pas très satisfait de la tenue de route de l’auto, elle dérive beaucoup de l’arrière, moi je suis aux anges.

2ème ES : Bezaudun, à peine 3,5 kilomètres, avec des passages très étroits dans le village, deux épingles et un virage super piégeux. 2’20, et encore on s’est manqués sur le première épingle où nous avons du faire marche arrière et la passer en deux fois. Cela nous donne pour celle-ci un 48ème temps. Grrrr……c’est du régional, on a perdu pas mal de temps car les temps se jouent au centième.
3ème et 4ème ES, André commence à avoir l’auto en main, il s’habitue rapidement, il n’a couru avec qu’une seule course de côte.

Fin de la première étape, nous rentrons au parc à la 22ème place, 2ème du groupe GT. Pas mal, avec la qualité du plateau, j’aurais signé pour être dans les 30 premiers, c’est inespéré.

Dimanche, le temps est couvert, et très frais.
Les 4 ES de la veille nous attendent encore pour cette journée. Devant nous le 1er du groupe est à seulement 17 secondes, rien mais tellement, il ne nous reste que 20 kilomètres à courir.
On améliore de 5 secondes dans la première, de 4 secondes dans Bezaudun. Parc d’assistance.
Au départ de la 7ème, le 1er de groupe Christian Estienne sur une grosse Porsche se plaint de son train avant et de sa tenue de route. Aussi a-t-il fait le choix, à mon avis très risqué, de mettre des pneus pluie devant et des pneus pour le sec à l’arrière. Nous nous lançons à notre tour pour cette ES.
Au bout de 2 petits kilomètres nous voyons l’auto de Christian dans le trou, et lui installant le triangle de sécurité, l’équipage n’a rien si ce n’est des plaies au moral. Ouf !
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, nous nous trouvons à la première place du groupe. Ce n’est pas pour autant que nous baissons la garde, nous voulons encore gagner des places au général.
Nous voila au podium d’arrivée. Bien que nous ayons beaucoup gagné de temps dans ces ES du jour par rapport à la veille, les autres concurrents ont fait de même, avec la sortie de route de Christian et un petit bon en avant, nous sommes et terminons 20ème au classement général, empochant par la même la victoire du groupe GT.

Un vrai régal ce rallye, une organisation sans failles. Un bonheur de rouler dans une belle auto, puissante, avec des freins incisifs. Un pilote maitrisant à la perfection son pilotage, des trajectoires au millimètre, et menant son auto avec sécurité et plaisir. Oui mon bonheur a été total.