Impensable de manquer ce qui serait ma 10e participation au Rallye de la Drôme Paul Friedman (16 et 17 juillet 2016). Sauf qu’un hasard de calendrier rendait la chose presque impossible : nous rentrions d’une croisière en Norvège la veille du rallye, vers 22h, donc aucune reconnaissance possible.
Konstantine, extraordinairement positive, m’a poussé à relever le défi, et a même accepté de tenter le rôle de copilote, alors qu’elle n’était jamais montée dans une voiture de rallye. Un premier rallye comme copilote, sans reconnaissances ni expérience : c’est le défi que nous avons décidé de relever, avec la Mémé, ma Porsche 911 Carrera RS 2.7, n° 221.
La préparation
Une fois de plus, mon fidèle ami René Garcia a accepté de faire l’assistance et, en plus, d’être la clé du défi logistique : remonter la voiture, la remorque et le fourgon d’assistance depuis Nice, où la Mémé était aux bons soins de mon préparateur de l’époque, le Garage Caruso, puis les amener à Saint-Jean-en-Royans le vendredi. René a aussi complété l’équipement du camion d’assistance : outillage, extincteur aux nouvelles normes, mano, bâche et pièces détachées.
Konstantine et moi avons profité du calme relatif de la croisière pour apprendre à lire les notes (style Loubet), en utilisant les caméras embarquées de l’année précédente, sans le son de la radio : trois passages de chaque spéciale, puis Konstantine a recopié les notes pour les relire plus facilement.
Départ de Genève le samedi à 6h15, sans autre ambition que de participer. À Saint-Jean-en-Royans, René avait pris possession de l’emplacement d’assistance et réglé le harnais de Konstantine. Premier coup de stress : les deux adaptateurs Stilo – Peltor pour les casques et la radio étaient restés à Nice. Ouf, Mathieu Favargiotti, un ami qui participait à son 2e rallye, nous a trouvé les raccords. Deuxième souci : la Mémé ratatouillait sur 5 cylindres à bas régime, et la pédale de frein était plus que molle. Cela ne nous a pas empêchés de prendre le départ.
Première étape : de La Motte-Fanjas à la panne sèche
Au CH précédant l’ES1, La Motte-Fanjas, Konstantine va pointer, remonte en voiture… et le harnais n’est pas desserré. Elle se bat pour le fermer, moi impuissant, déjà sanglé. Les commissaires nous disent de ne pas stresser et de partir une minute plus tard (ce qui nous vaudra 10 secondes de pénalité).
5-4-3-2-1, go ! Konstantine me donne les premières notes et cela va pas mal du tout. Un peu de flottement à un ou deux endroits, mais avec son caractère de battante, elle est visiblement douée pour cela. 13e temps, exactement le même qu’il y a trois ans avec Martine Rick-Place !
Puis la longue spéciale d’Oriol – Tourniol (24 km) : tout se passe parfaitement, 10e temps, et la Mémé tourne de nouveau rond. Que du bonheur. ES3, La Motte-Fanjas 2 : parfait, on améliore encore notre temps.
ES4 : alors que nous faisons une super spéciale, dès le col de Tourniol passé, le moteur a des coupures. Je regarde la jauge : nous sommes sur la réserve, avec encore 4 pages de notes, près de 10 km. À 2 km de l’arrivée, le moteur ne repart plus et nous terminons en roue libre dans la descente (15e temps malgré tout !).
Au CH, on nous pousse hors de la zone, je laisse rouler en roue libre sur près de 5 km, pas de réseau pour joindre l’assistance, aucun concurrent n’a d’essence ni de corde. Cela sent l’abandon. C’est alors que Mathieu Favargiotti, qui nous a rattrapés, propose de nous pousser, pare-chocs contre pare-chocs. Et cela marche ! Dix kilomètres d’à-coups, avec les cailloux sur son pare-brise, pendant lesquels nous arrivons enfin à joindre René, qui arrive sur les chapeaux de roue avec un jerrycan. Konstantine pointe au sprint avec 15 minutes de retard, soit la limite de la mise hors course. Miracle !
Deuxième étape : la remontée
Sans pénalités, nous aurions été 13e de la première étape, 18e avec. La direction de course nous laisse repartir dans l’ordre sans les pénalités, derrière la R5 Turbo de Stéphane Hoffmann, avec qui je tire la bourre depuis des années, tantôt lui, tantôt nous. Difficile d’avoir le couteau entre les dents à la 18e place, mais nous faisons une excellente deuxième étape.
Résultat
14e au classement général, 2e de la classe B8 (11e du Groupe 4), avec 2’40 de pénalités. Un résultat plus qu’encourageant, et un énorme bravo à Konstantine, toujours top, souriante et pleine de vie pour son tout premier rallye.
Un grand merci à René et son équipe pour une assistance parfaite, et à Mathieu Favargiotti, notre sauveur, qui termine à une extraordinaire 4e place au général pour son 2e rallye, avec sa Porsche 911 SC du Groupe 3. Quel talent !
Le Rallye de la Drôme 2016 restera dans nos meilleurs souvenirs. Nous avions déjà décidé de revenir l’année suivante, avec la même équipe.
Les photos
Photos : Yves Bassot.
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